septembre 1843, séparant le 2. ; Politique de confidentialité Dramaturge, romancier, poète, Victor Hugo est devenu un monstre sacré de la littérature française. Avant le redressement qui surgit en leur terme, les figures, témoignant de cette poésie nouvelle évoquée par « Ô strophe du poète… » (V, 25), se confondent avec l’expérience de l’exil : la tempête, l’ouragan, la foudre, le gouffre, le naufragé. »). 22L’« exil » (ou la mort symbolique) du pâtre ou celui du Mage, l’un dans l’extrême humilité de sa solitude et de son dénuement, l’autre dans la densité du travail de haute science ou de poésie, restent le fait d’êtres exceptionnels qui ne peuvent être qu’exemples ou intermédiaires. La pléiade Fiche bac Le contexte historique du XVIème siècle : Les convictions de la pléiade - Le principe de l'imitation a son importance - Réhabilitation de la langue française 27 « Veni, vidi, vixi » est écrit à la suite de son échec à la députation comme candidat de droite. 24 L’image est reprise dans « Le Satyre » de la première... 37L’essor de la connaissance se heurte cette fois à un mur, ou plus exactement à ce « plafond » qui s’ouvrait au pâtre et que perceront plus loin les Mages. Victor Hugo ; Les Contemplations, II, 25, Je respire où tu. Le poème dont la majeure partie est écrite en janvier-février 18558, joue un rôle essentiel dans la définition du terme de contemplation dont le principe est ancien chez Hugo9, mais dont la précise acception est ici déterminante pour la compréhension de la poétique des deux derniers livres. tout lecteur, y compris la souffrance du deuil qui creuse le quatrième » : « Tout est horreur et nuit. Les contemplations: Édition Intégrale (French Edition) y más de 950,000 libros están disponibles para Amazon Kindle. 26 Retrait qui s’oppose à l’accomplissement : le dévoilement du « grand caché de la nature », Dieu et son mystère (« Magnitudo parvi », vers 421-430). Il se rallie à la monarchie de Juillet, mise en La Révolution française de 1789 a créé un torrent d'idéaux romantiques dans toute l'Europe. États - Unis. Le fondement d’une poétique et sa coïncidence avec l’histoire. En particulier, et immédiatement repérables, les longs poèmes Dominique Vaugeois2016-09-20T13:41:00XXnarratifs, écrits en 1854 et 1855, « Réponse à un acte d’accusation » (I, 7) / « Quelques mots à un autre » (I, 26) sont datés fictivement de 1834 ; et à l’autre extrémité du recueil au livre V, « Écrit en 1846 » (V, 3) et « Écrit en 1855 » ( V, 3) affichent une datation fausse dans leur titre même. Le lexique était soit noblesse, soit « populace du style », affaiblissant l’idée à exprimer. Court, mais grand poème de l’exil dans son acceptation : solitude du « naufragé », paysage de l’abîme, mer et cieux, nuages noirs, ouragans, opprobre de la société, l’insulte ou les messages apeurés d’anciens amis, l’horizon : mort et infini. – Après ? Parmi ce peuple d’opprimés, dont la politique impériale augmente la détresse, Hugo, jouant de l’identification, ne manque pas de faire une large place à l’homme de génie dont la vocation est précisément d’amoindrir les misères et de faire advenir le progrès. Séance 1 : : Introduction (2 heures) présentation de Victor Hugo sa vie ; le contexte historique et littéraire de son œuvre (Cette séance peut se dérouler, en … Celui-ci refuse la plainte du poète et lui oppose la paix et le bonheur dont il jouit dans la nature : Quand l’aube luit pour moi, quand je regarde vivreToute cette forêt dont la senteur m’enivre,Ces sources et ces fleurs, je n’ai pas de raisonDe me plaindre, je suis le fils de la maison. 17 Jacques Seebacher, « Sens et structure des Mages », d... 20Les Mages, savants, poètes, penseurs, philosophes, ermites célèbres retirés dans la nature, apôtres, prophètes, souvent soumis eux-mêmes à la solitude, au malheur et à la persécution, « contemplateurs pâles/ Penchés sur l’éternel effroi14 », apparaissent à « la foule égarée15 », condamnée à l’ignorance, à l’angoisse et à la mort, et lui révèle Dieu. Les Contemplations - Agrégation lettres externe et interne. 19« Le Poète » (III, 28), texte daté de 1835 et écrit en 1854, est dédié à Shakespeare, contemplateur au « génie étrange » qui perce le secret des êtres et dont la vision accède à la totalité : « le monde tout entier passe à travers son crible ». La seconde partie détache, dès après le deuxième poème, la date de la mort de Léopoldine, isolée sur la page, faisant du livre IV le livre du deuil de l’enfant. 17 Jacques Seebacher, « Sens et structure des Mages », dans Victor Hugo ou le calcul des profondeurs, Paris, PUF, coll. Il voit l’astre unique ; il voit Dieu ! L’ « Évanouissement » apparaît comme la fin attendue, avant que la dernière section n’apporte, au vers 643, le retournement : « Le mot, c’est Dieu ». Publiées en 1856, Les Contemplations portent la marque d’un double deuil : la perte de la fille du poète, Léopoldine, et la mort symbolique que représente l’exil. Mais il va rapidement prendre un caractère universel. L’évolution sensible de la poétique de l’exil est cette fois conséquence imposée, tout autant que concomitance. 20 On peut y voir des allusions directes dans « Melancholia » (III, 2) : la femme obligée de se prostituer, l’homme condamné pour avoir volé un pain. Le livre est donné comme partagé en deux partie : Autrefois, 1830-1843, Aujourd’hui, 1843-1856. Le « templum » latin était la projection architecturale sur la terre de l’espace où s’observaient les présages, délimité par les augures. - Contexte historique : Il la peint durant la période de ségrégation raciale aux. Il y a là un sacrifice individuel et l’affirmation, au-delà du doute, d’une vérité à chercher dans ce chaos, obstinéme. 3 La Préface précise, on le sait, la fusion entre auteur... 3Deux poèmes de Châtiments évoquent l’histoire politique du poète : « Ce que le poète se disait en 1848 » et « Écrit le 17 juillet 1851, en descendant de la tribune », revirement qui suppose le passage d’une poétique du retrait à celle d’une parole de vérité. 21Cette ascèse est celle de la contemplation, paroxystique : l’écoute de la nature, la perte de soi dans le regard-rayon qui relie l’âme à celui qui émane de Jéhovah, rattachant ainsi Dieu aux hommes, l’engloutissement enfin dans la vie universelle. Le recueil des Contemplations se présente d’abord comme très éloigné du pamphlet satirique, tant du point de vue de l’énoncé, « une destinée est écrite là jour à jour », que de l’énonciation effaçant largement la part « personnelle » de la voix poétique, « ma vie est la vôtre, votre vie est la mienne ». Le fait était déjà évoqué dans « Joyeuse vie » (Châtiments, III, 9) par le spectacle des caves de Lille et de la misère sordide qui y régnait. Reste qu’il précède la deuxième partie Aujourd’hui, celle de l’expérience de la mort et de l’exil. Profil d'une oeuvre, Hatier n° 76, "Les Contemplations" de Victor Hugo, de Pol Gaillard et Arnaud Laster, 4,50 €, des clés indispensables pour lire l'oeuvre (Le contexte historique, la structure du recueil, et l'étude des problématiques essentielles (Libération du vers et du mot, le désir et l'amour, l'épreuve du deuil, la dénonciation des injustices). Le premier volume prendra finalement la forme des Contemplations, en 18562. raréfaction des poèmes et surtout par le vide qui suit la date du 4 Un long développement sur la faim comme « crime public », assassinat de l’homme par l’homme qui l’ignore, alors que la nature, encore, fait vivre et nourrit ses enfants. », rejoignent ceux de la « contemplation », incluant l’accès à une lumière finale qui, comme dans Les Malheureux (V, 26), désigne le retournement qui donnera finalement une signification à ce dérèglement que le mal opère dans la vie de la communauté humaine : Des cités d’où s’en vont, en se tordant les brasLa charité, la paix, la foi, sœurs vénérables ;L’orgueil chez les puissants et chez les misérables ;La haine au cœur de tous23 ; 32Le tableau général de la misère et du malheur qui frappent inexorablement l’humanité appelle une forme de réponse à l’interrogation énigmatique posée par le titre « ? Le drame de la proscription ne se révèle qu’à travers le vaste mouvement de l’histoire et à travers l’affirmation d’une poétique, en étroite corrélation avec la mort morale, affective, sociale et finalement métaphysique. C’est pourquoi sa place, sa longueur et sa composition strophique exceptionnelles permettent de dire qu’il est transitionnel sur le plan philosophique aussi bien que poétique, aboutissement des poèmes de la première partie et ouverture sur ceux de la mort et de l’exil dont il va être la clé, forme et sens confondus10. 21 « Écrit sur un exemplaire de la Divina Commedia », II... 29Ici encore, le souci d’une chronologie interne au recueil, que traduit la datation fictive, est particulièrement sensible dans le grand poème « Melancholia », écrit encore sur ce modèle discursif que Hugo réserve à l’énoncé de vérités essentielles, selon un mode historique, narratif ou descriptif qui se plie à la composition poétique. Le baroque et le symbolisme sont des courants littéraires. Calme, avec l’indigenceEt les haillons je vis en bonne intelligence,Et je fais bon ménage avec Dieu mon voisin. Le don du livre « de l’absent à la morte » s’y substitue. conclusif "A celle qui est restée en France", Un très léger déséquilibre se Mais avant de voir quel genre de spirite a été Hugo et ce qu’il peut nous apprendre du phénomène, je voudrais revenir sur ces événements étranges qui fournissent une partie du contexte de publication des Contemplations. Il s’agit des « Malheureux » (V, 26), écrit en septembre 1855, placé consciemment à la fin du livre V, En Marche, où c’est plus directement le malheur familial et social propre à l’exil qui est en cause. Classiques de Poche, éd.Livre de Poche Octobre 1853. Depuis Les Rayons et les Ombres (1840), Victor Hugo (1802-1885) n'avait pas publié de recueil lyrique. l'énigme du berceau et aboutissant à l'énigme du cercueil" que peut Face aux responsables de la proscription et de l’opprobre, « Les Mages » disent le triomphe des grands contemplateurs et l’avènement de leur œuvre de progrès. Le titre du livre VI, Au bord de l’infini, reprend sous toutes leurs formes les révoltes originelles pour aboutir in extremis, dans « À celle qui est restée en France », à l’opposition fondamentale qui implicitement portera toute la suite de l’œuvre. Le deuil de l’enfant et celui du monde sont au centre des livres IV et V, tandis que le livre VI pose de façon plus radicale la question de la connaissance. et, sans ton sourire, que ferai-je du matin ? Dans « Le Mendiant » (V, 9), le poète accueille le pauvre qui place devant la cheminée le haillon qui lui sert de vêtement. Pair de France depuis 1843, maire du VIIIe arrondissement de Paris, député à la Constituante en 1848, il soutient Louis-Napoléon Bonaparte avant de devenir son plus farouche opposant, et de s'exiler en Belgique puis en Angleterre jusqu'à la chute du second Empire en 1 Il est construit comme les pièces du livre I, dont on vient de parler, en longs paragraphes d’alexandrins à rimes suivies. Victor Hugo, 1853. 33Il y a entre les livres III et V des correspondances évidentes dont ce dernier poème, entre autres, témoigne : dans les deux cas, la société des hommes est au centre du livre. sois éternelle ! Cet exemple a pour objet d’étayer l’hypothèse que si le recueil des Contemplations est bien l’histoire d’une âme, traversée par l’épreuve du deuil personnel3, cette histoire ne manque pas d’être inséparable de l’histoire de l’auteur, politique et poétique, depuis sa jeunesse jusqu’au drame personnel de l’exil qui bouleverse son écriture. tout est sépulcre » (VI, 18) : Hélas ! 10 À Hetzel, le 12 juillet 1855 : « Je recommande à votre attention fraternelle et paternelle d’abord tout, puis très particulièrement la grosse pièce qui finit (Magnitudo parvi) et qui marque le passage d’un volume à l’autre, du bleu clair au bleu sombre. bois profonds ! » Cité par Léon Cellier, Les Contemplations, Paris, Classiques Garnier, 1985. Mais, face à l’objection que la certitude de la gloire peut expliquer cette grandeur, on passe des individualités d’exception à une véritable philosophie du malheur du juste, à la condition même de l’exilé : « C’est chute, abaissement, misère extérieure / Acceptés pour garder la grandeur du dedans ». 20 On peut y voir des allusions directes dans « Melancho... 27En revanche, le poète trouve des porte-parole intérieurs dont l’exil n’est pas d’être éloigné physiquement de France, mais de vivre à l’intérieur de leur patrie. 8« Écrit en 1846 » est composé à dessein sur le même modèle d’une réponse à un accusateur. « Voyage de nuit » (VI, 19) reprend les éléments du doute négatif : Nous appelons science un tâtonnement sombre […] Le crime avec la loi, morne et mélancolique, Lutte ; le poignard parle et l’échafaud réplique […] Tout est brume ; 40Mais « l’azur » surgit à la fin, et c’est vers lui qu‘est emporté le navire humain. 12 Le mot est pris dans son sens étymologique. 5Ces longs poèmes, qui se répondent de part et d’autre de l’ouvrage, relatent la biographie poétique et politique du poète, depuis son enfance au livre I jusqu’à l’exil au livre V. Le livre I est consacré à la découverte de la nature que fait le jeune poète au sortir du collège. La plupart d’entre elles sont fictives, pour créer l’illusion d’une suite chronologique. Le second se présente, dans sa Préface, comme  « les Mémoires d’une âme », l’histoire de la vie de l’auteur, considérée du point de vue de sa propre mort symbolique. « Magnitudo parvi » prépare cette identification : 13 Le pronom personnel désigne ici la solitude. tout est sépulcre. Mais, comme le dit Ludmilla Wurst, « les deux recueils n’en restent pas moins complémentaires », au-delà de leur différence évidente. C’est l’ascèse de leur très laborieuse démarche concrète, intellectuelle et spirituelle, qui les fait extraire, comme l’a bien montré Jacques Seebacher17, le Dieu de la création : Ils tirent de la créatureDieu par l’esprit et le scalpel ;Le grand caché de la natureVient hors de l’antre à leur appel ;À leur voix, l’ombre symboliqueParle, le mystère s’explique, […]18. Recueil de 158 poèmes rassemblés en 6 livres que Victor Hugo a publié en 1856. « Magnitudo parvi », daté fictivement de 1839, se situe à l’extrémité du livre III. solitudes ! Cet immense poème de 672 vers est une vaste interrogation sur la mort et l’éventualité de l’infini. D’autant plus que la conclusion, pour positive qu’elle soit, n’est pas le pur franchissement de la contradiction. L’ère advenue de l’idée, née de la Révolution politique, force à prendre parti dans le monde des lettres et réfute une poétique et une éthique socio-politique appartenant à des temps dépassés. Les Contemplations (1856). Je n’ai point fait de mal. La réponse au « Pourquoi ? La pénalité enfin qui accable le pauvre et dont le riche est responsable, l’échafaud pour l’opprimé avant qu’il ne se retourne contre l’oppresseur. Ce n'était pas une lutte pour l'indépendance d'un pouvoir impérial externe, mais une lutte interne au sein d'une des grandes nations d'Europe. Connu dabord comme le chef de fil des romantiques, il reste fidèle à ses idéaux royalistes jusquau milieu de la Restauration. Mais les poèmes les plus anciens de ce recueil datent de 1834. Sur l’observation première se greffe l’idée d’une vérité plus haute, celle de correspondances indiquant elles-mêmes une unité dont le plan se confond avec l’infini, Dieu, accessible par l’ascèse de la solitude et du labeur, première mort au monde, encore symbolique, ouvrant à la contemplation. 17La connaissance acquise du mystère permet de retrouver, au sortir du « rêve », la nature et les hommes dans la plénitude de leur sens physique et moral. Sont datés de 1846 les vers 1-73 / 100 / 112-118 ; de 1855 les vers 74-99 / 112-763 / 782 à la fin ; de 1840 les vers 764-781 (Victor Hugo, Œuvres complètes, op. L’accusation est portée avec plus de force encore contre la méconnaissance de l’histoire et du passage d’une époque à une autre, les temps modernes étant liés au libéralisme comme au romantisme : Liberté ! ». 41Le livre VI, en dépit de l’alternance soigneusement entretenue entre les pièces et du choix de terminer sur le grand poème didactique de l’échelle dynamique des êtres, reste dans le recueil celui de l’épreuve du doute.