(1) La firme n'a pas d'existence véritable (c'est une «fiction légale»). Aller au contenu. Les champs d'applications de la théorie des incitations sont désormais nombreux : les contrats d'assurance, les contrats de franchise, les contrats de travail... La prédominance de la théorie des incitations sur les autres approches contractuelles s'explique aussi par son degré de formalisation mathématique, dans un contexte où celui-ci s'est fortement accru dans la recherche économique depuis une trentaine d'années. Certes on pourrait s’en tenir au seul fait discursif que cette idée ali-mente, lui suffisamment massif pour être incontestable. Compte tenu de ces caractéristiques des comportements et des transactions, il s'agit pour Williamson de trouver la forme organisationnelle la plus adaptée, au sens où elle limite les coûts de transaction. Dès lors, nous dit Coase, le choix marché/firme dépendra de la comparaison entre les coûts de transaction associés au marché et les coûts d’organisation interne associés à la firme. %PDF-1.2 %���� Une fois posée l'existence de deux modes de coordination alternatifs, Coase s'interroge sur le fait de savoir pourquoi les deux modes de coordination coexistent. La différence fondamentale entre marché et firme, est que sur un marché, la coordination se fait par le système des prix, alors que la firme propose une coordination administrative qui passe par l'autorité et la hiérarchie. (5) La fréquence de la transaction : plus une transaction est répétée, plus les contractants ont des occasions d'être opportunistes, ce qui augmente d'autant les coûts de transaction. Notons que cette hypothèse d'incomplétude des contrats est aussi celle faite par Williamson, dès qu'il postule la rationalité limitée des agents. Code de la route > Chapitre 5 : Enregistrement et communication des informations relatives au permis de conduire. De même, les tests empiriques menés sont parfois décevants, par exemple, le concept d'actifs spécifiques est séduisant, mais les travaux économétriques ont du mal à définir une mesure convaincante de cette spécificité (cf. Mais l'unité entre ces travaux vient d'une conception commune des rapports économiques : ce sont des rapports contractuels entre des individus libres. La théorie des contrats incomplets est formée d'un ensemble de modèles assez hétérogènes qu'on peut difficilement considérer comme une doctrine définitivement constituée. En conclusion de la présentation de ces trois approches contractuelles, nous retiendrons que si la théorie des coûts de transaction s'est beaucoup développée dans les années 1980 et 90, elle souffre aujourd'hui d'un manque de formalisation qui lui permettrait d'expliciter plus clairement certaines hypothèses. (4) L'incertitude sur les conditions de réalisation de la transaction risque d'augmenter son coût (incertitude liée à des perturbations exogènes à la transaction par exemple). Le père fondateur de cette théorie est R. Coase. eduscol.education.fr/ - Ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports - Août 2020 3 OIE ÉNÉRALE § D t # 2 4 Ê S ¡ = $ 8 & Ü B 4 Ô ( ¡ 2 0 R (1RE Retrouve dusc si les coûts d’organisation internes sont plus faibles que les coûts de transaction supportés à l’occasion de la passation de … [3] Cette hypothèse remplace celle d'information parfaite de la théorie néoclassique, elle est reprise de H. Simon. Exemples : contrat de sous-traitance, contrat de franchise[5]. L'actionnaire (le Principal) délègue la prise de décision au manager (l'Agent). Ainsi, la firme est le mode de coordination le plus adapté lorsque la transaction est répétée, dans un contexte de forte incertitude et que les actifs mobilisés sont très spécifiques. Développée des la fin des années trente par Ronald Coase, dans un article de 1937 intitulé « The Nature of the Firm », la théorie des coûts de transaction est ensuite systématisée par le prix Nobel d’économie Olivier Wiliamson. Cet article propose une lecture critique des développements de la théorie de la firme, depuis la redécouverte, durant les années 1970, de l’article de Coase de 1937 sur la « nature de la firme ». | Coase et les nouveaux fondements de la firme • Question de la nature de la firme soulevée dans l’article fondateur de Ronald Coase: « The Nature of the Firm » (1937) • «Poser la question de la nature de la firme, c’est considérer la firme comme une forme particulière d’organisation économique, de la régulation inter-organisationnelle, de la légitimité accordée à la soft law et de son ombre portée, la gouvernance. Santé Q/R Causes des hémorroïdes et symptômes ... il est temps de vous poser la question du retour à la contraception. Chaque relation contractuelle est une relation d'agence dont il faut trouver la configuration optimale, c'est-à-dire les règles contractuelles qui minimisent les coûts d'agence. Pour y faire face, ce type de contrat prévoit l'arbitrage d'un tiers. Celle-ci se caractérise par une relation d'agence entre actionnaires et dirigeants (caractérisée effectivement par une délégation de décision et une asymétrie d'information au bénéfice du dirigeant), susceptible de générer des conflits d'intérêt. H��W�r�F���>:�1��������i:v�:��_����H��r��b�-e�Q2Q$�� 8 V0���#�I]�f���k�(�fC�ֳ���V�=*`l�zƙ��m/.9��_�Œ��Wv&��ŧ�|1I��Dh�~��,O Dans ces circonstances, les comportements opportunistes sont possibles ainsi que les conflits d'intérêts. point 3. de cette synthèse). Pour Coase, la firme est un mode de coordination des transactions alternatif au marché. Pour cet économiste né en 1927, toute transaction économique engendre des coûts préalables à leur réalisation. Mais par la suite, la théorie des contrats incomplets s'en éloigne en introduisant l'éventualité d'une renégociation des contrats. 1. Théorie des coûts de transaction. Pour Williamson, c'est l'autorité qui donne à son détenteur un pouvoir discrétionnaire, c'est-à-dire le pouvoir de prendre des décisions dans toutes les situations non prévues par contrat. Ce qui distingue néanmoins la théorie des contrats incomplets et celle des coûts de transaction, ce sont les solutions proposées à cette incomplétude. (3) Il n'y a pas de différence fondamentale entre firme et marché, en particulier les relations contractuelles au sein de la firme ne supposent aucune relation d'autorité. Dans son article de 1937 "The nature of the firm" , R. Coase est le premier économiste à poser la question de savoir pourquoi les firmes existent et plus largement la question de la nature de la firme. Elle n'est pas assimilée à un individu, comme dans l'approche néoclassique. dossier SES-ENS autour des travaux de J. Tirole, Marie Bergström : Sexualité, couples et rencontres au temps du numérique, La mondialisation des chaînes de valeur : entretien avec Ariell Reshef et Gianluca Santoni, L'écho de la recherche : comportements religieux et gestion du risque, La socialisation professionnelle : de l'orientation dans un métier aux possibles bifurcations professionnelles, La socialisation aujourd'hui, dans et hors des programmes de SES, Crises et régulation du système financier, L'engagement politique dans les sociétés démocratiques, Emploi, chômage et travail à l'ère du numérique. Pour cette raison, les fabricants de produits chimiques préfèrent posséder de tels actifs plutôt que de les louer. [6] Pour une présentation synthétique de la nouvelle microéconomie : Cahuc P. (1993), La nouvelle microéconomie, collection Repères, Edition La Découverte. C'est cette renégociation qui est le concept central des modèles de contrats incomplets. Trois approches contractuelles différentes sont présentées dans cette première partie : la théorie des coûts de transaction, la théorie des incitations (ou théorie de l'agence) et la théorie des contrats incomplets. (1976), "Theories of the Firm: Managerial Behaviour, Agency Costs and Ownership Structure", Journal of Financial Economics, 3, n°4. Les contractants ne peuvent pas dresser la liste de tous ces cas, ni même tous les imaginer. Williamson a reçu le prix Nobel d'économie en 2009, il l'a partagé avec Elinor Ostrom. Ni que la firme … Ce sont des investissements durables, effectués pour réaliser une transaction particulière, et qui ne sont pas redéployables sans coûts vers d'autres usages [4]. Williamson O. E. (1985), The Economic Institutions of Capitalism, The Free Press, 1985. La théorie des contrats se développe avec la volonté de dépasser certaines limites de l'approche néoclassique de la firme, sans pour autant la remettre radicalement en question. En effet, l'allocation des ressources se fait sans rapports de force, ni de subordination, les Le Théorème de Coase est un théorème économique, énoncé dans un premier temps par George Stigler (1966)1,2 en référence à l'économiste anglais Ronald Coase pour son article « The Problem of Social Cost » (1960). 134 R.H. Coase R.H. Coase 135 R.H. Coase 141 R.H. Coase 143 R.H. Coase 145 146 R.H. Coase R.H. Coase 147 La diffusion de ce mémoire se fait dans le' respect des droits de son auteur, qui a signé le formulaire Autorisation de reproduire et de diffuser un travail de recherche de cycles supérieurs (SDU-522 - Rév.01-2006).Cette autorisation stipule que «conformément à l'article 11 du Règlement no 8 des études de cycles supérieurs, [l'auteur] concède à [7] Jensen M.C., Meckling W.H. Dans cette perspective, la firme s'analyse comme un système particulier de relations contractuelles. Une relation d'agence nait dès lors qu'une personne en engage une autre pour remplir une mission qui nécessite une délégation de pouvoir. En ce sens, la relation d'emploi n'est en rien spécifique, le contrat de travail est comparable au contrat commercial. [13] Tirole J. [10] C'est l'analyse proposée par le «modèle du signal» qui est l'un des modèles de la théorie des incitations. Dans son article de 1937 "The nature of the firm" [1], R. Coase est le premier économiste à poser la question de savoir pourquoi les firmes existent et plus largement la question de la nature de la firme. Son positionnement est qualifié de néo-rationaliste, en opposition au modèle rationaliste de l'économie néo-classique. 1. Un contrat est incomplet quand il n'est pas possible de prévoir et donc d'écrire ce qui doit se passer dans tous les cas de figure possibles. @Ti��@��s^pk��S��W��c~s�v�����ZЅf�P�e�����$0~���|{{�����B��m [12] Hart O. et Moore J. (2002), Règles concurrentielles et formes organisationnelles hybrides, paru dans Bienaymé A., Les nouvelles approches de la concurrence, Economica. Il faut utiliser ces statues et ces noms de rue, éclairer ces statues et ces noms de rues, les mettre dans des livres d’histoire, etc. ANNEXE OBSERVATIONS. Cette vision proposée par la théorie de l'agence est très générale et a plusieurs implications importantes en ce qui concerne la représentation de la firme [9]. Quelle est sa taille efficace ? La théorie des contrats incomplets ne s'intéresse donc pas aux contrats qui lient les différents membres d'une entreprise mais aux contrats entre clients et fournisseurs. (2) La question de la propriété de la firme est sans objet. Cette approche cherche à démontrer la supériorité de la firme capitaliste dans une économie de marché et tente de résoudre le paradoxe de l’existence de la firme dans une telle économie. L'identité des parties importe peu, la relation est impersonnelle. 1.1.1. Aussi nous avons pu noter que les locaux sont vétustes et leurs architectures ne répondent plus aux exigences de la technologie nouvelle. En fait, si la coordination marchande génère des coûts de transaction, la gestion internalisée des transactions entraîne des coûts de coordination, en particulier parce que les rendements des activités managériales sont décroissants. Si le marché n'est pas l'unique moyen de coordonner l'activité économique, c'est qu'il existe des coûts à recourir au système de prix, des coûts de transaction. De ce point de vue, la question de recherche qui émerge de cette mise en perspective est celle du contenu et des modes d’articulation des notions connexes d’institution, d’organisation et de firme. Les approches cognitivistes de la firme, 3. [5] Ces formes de contrats sont appelés formes hybrides, elles se situent entre les deux formes-types que sont le marché et la firme. A Paris, des violences ont émaillé la manifestation. Les travaux de Williamson [2] se situent explicitement dans le prolongement de ceux de R. Coase. De même les outils d'analyse proposés par la théorie de l'agence sont particulièrement adaptés à l'analyse de la relation entre employeur et salariés au sein des entreprises capitalistes. R8�D+Jc�`�'(�b�|��z7���X��E�9Z���פ_� *������ �;�@[T�&�`;h�;�N*�E)�J#d��UY��c�m�����Ǩ bfބoIHQ����V��l6��w���z���z��I�S��pkc�����-.�9��� o�$(���J�[��a�u��sk�o���6���56���'$�_��'�q��k�xµ��Z%������/ͰkǺŐ�>+����~�ܼ��� ��_��Ow���n�0�Md�*-+'�����1��p ?��g��Km�b� Y�϶�OI���+�u� �g��Ι��4�U;JW�����. (4) Internalisation : cette relation se distingue de la précédente par le degré d'incertitude, qui est plus élevé dans un mode de coordination internalisé. Sur les formes hybrides, voir Ménard Cl. Mme Sandra Marsaud appelle l'attention de Mme la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales sur les règles de hauteur de certains plans locaux d'urbanisme qui peuvent limiter de fait le recours à certains procédés constructifs vertueux sur le plan énergétique et environnemental. Selon eux, la firme peut utiliser divers instruments pour s'assurer de l'effort maximal de ses salariés en combinant autorité, propriété (le salarié peut être propriétaire des outils de production) et rémunérations. Elle a pour objectif de proposer une représentation plus réaliste de la firme. Naturellement, toutes ces procédures ont un coût que seul pourra supporter une personne récompensée par l'attribution d'une partie des bénéfices de l'entreprise. Dans cette perspective, la firme s'analyse comme un «noeud de contrats» entre individus. Pour Coase, la firme est un mode de coordination des transactions alternatif au marché. R. COASE et la question de l'existence de la firme Dans son article de 1937, R. Coase est le premier économiste à poser la question de savoir pourquoi les firmes existent et plus largement la question de la nature de la firme. Il poursuit son projet en visitant des usines et des entreprises. tentative d’aller au-delà doit partir de la remise en cause de ces deux hypothèses. A l'origine de cette approche, on trouve l'analyse de Berle et Means, présentée en introduction, et celle de Michael Jensen et William Meckling (1976) [7]. Ces coûts de transaction correspondent aux coûts de recherche d'information, de négociation des contrats, de contractualisation répétée... Williamson proposera par la suite une définition précise de ces coûts. 08.12.20 [1] C'est entre autres pour cet article majeur dans l'histoire de l'analyse économique que Coase reçoit le prix Nobel d'économie en 1991. R. COASE et la question de l'existence de la firme. 1. Ce qui est importe pour comprendre la firme, ce sont les caractéristiques des différentes relations contractuelles liant les individus. Pour la théorie des contrats incomplets, c'est l'affectation de droits de propriété qui donne le droit au propriétaire de disposer de la ressource en cas d'incertitude. De plus cette théorie a donné lieu à de nombreuses formalisations, souvent complexes, d'où la difficulté à traduire ces modèles théoriques en hypothèses testables. Parmi les défenseurs de cette thèse, on trouve notamment Holmström et Milgrom (1994) [11]. Dans cet article, et dans le projet de recherche qui lui est lié, nous nous focalisons sur les conséquences de l’abandon de l’hypothèse de séparation de la sphère économique et de la sphère sociale. 1/5 La causalité classique remise en question par la ... le premier est appelé cause et le second effet. Celui qui délègue est appelé Principal, celui à qui est confié la mission est appelé Agent. [2] Williamson O. E. (1979), "Transaction Cost Economics: the Governance of contractual relations", Journal of Law and Economics, 22. Lorsque l'environnement est complexe, ils ne peuvent pas envisager tous les événements possibles et calculer parfaitement les conséquences de leurs décisions. Ainsi pour Williamson, la firme est un système contractuel particulier, un «arrangement institutionnel» caractérisé par un principe hiérarchique qui permet à la direction de l'entreprise de prendre les décisions en cas d'événements non prévus par les contrats, et qui permet de limiter les risques liés à l'opportunisme. La théorie des incitations est incontestablement l'approche contractuelle de la firme la plus développée aujourd'hui, elle s'est enrichie ces dernières années tant d'un point de vue théorique qu'empirique. Mais ces divergences d'intérêt peuvent s'estomper si l'entreprise met en place un système de rémunération des managers adapté, par un système de stock-option. Ainsi, tant que les coûts de coordination interne sont inférieurs aux coûts de transaction, la coordination se passe à l'intérieur de la firme, à partir du moment où ils deviennent supérieurs, la coordination marchande est préférable. La théorie des incitations repose sur la notion de relation d'agence. On connaît la réponse de Coase à ces deux questions : si la firme existe, c’est parce qu’il existe un « coût de fonctionnement » du marché et, à l’intérieur de la firme, l’affectation des ressources s’effectue par « l’autorité », représentée par l’entrepreneur-coordinateur. A travers la relation employeur-employé, la firme se présente comme un «système incitatif». Le contrat de travail met en relation le propriétaire d'un input (l'employé) et un demandeur de ce travail (l'employeur). LA THEORIE DES DROITS DE PROPRIETE Ce chapitre présente l’approche des droits de propriété qui est à la base du modèle néo-classique renouvelé. La théorie des contrats incomplets développée par Grossman, Hart et Moore [12] s'est présentée dans un premier temps comme un essai de formalisation de l'analyse de l'intégration verticale de la théorie des coûts de transaction. - spécificité de site (liée à la localisation de l'actif) : par exemple quand un fournisseur s'implante à proximité de son client, il économise sur les coûts de transport et de stockage mais il limite aussi les possibilités de redéployer son investissement vers d'autres clients. (3) la «perte résiduelle», qui correspond à l'écart, inévitable, entre le résultat de l'action de l'Agent pour le Principal et ce qu'aurait donné un comportement de maximisation effective du bien-être du Principal. Elles serviraient de point fixe à une analyse en externalités fluctuantes. Cette approche contractuelle s'inscrit dans le cadre de la nouvelle microéconomie et plus précisément dans le cadre de l'économie de l'information [6]. Chaque facteur dans une firme est la propriété d'un individu. Quand une circonstance imprévue se produit, il y a place pour une nouvelle négociation en vue d'interpréter ou de redéfinir les termes du contrat. L'approche contractuelle a pour objectif de définir la forme d'organisation la plus efficiente compte tenu du contexte, en particulier informationnel. La théorie de l'agence est particulièrement adaptée à l'analyse d'une forme particulière d'entreprise : la société par action. Traduction française : Les institutions de l'économie, InterEditions, 1994. bien informés et sensibilisés sur la question de la sécurité et d‘hygiène hospitalière. Les approches contractuelles présentées diffèrent en fonction de leur analyse des comportements des agents et de leurs interactions (rationalité limitée ou parfaite) et en fonction des hypothèses sur l'information dont les agents disposent (information parfaite ou pas). Beaucoup parmi eux ignorent l‘existence de règlement intérieur des hôpitaux et du guide de déchets. Personne n'est en fait capable de vérifier ex post l'état réel de certaines variables caractéristiques des relations entre les contractants (en particulier sur l'investissement en capital physique). Pour Coase, c'est l'autorité qui caractérise fondamentalement une firme. Par exemple, l'employé a obtenu un diplôme qui n'est pas directement en lien avec son emploi, mais il montre ainsi sa capacité à fournir un effort. Selon la théorie des contrats incomplets (Hart et Moore, 1990), les agents sont dans l'incapacité de signer des contrats complets du fait de l'imperfection de l'information (l'information est symétrique mais les agents manquent d'information). Le Principal s'engage dans une relation contractuelle dès lors que le contrat lui permet de maximiser son profit, sous contrainte que l'Agent accepte de participer au contrat (contrainte de participation) et qu'il révèle ses caractéristiques (contrainte de révélation dans un contexte de sélection contraire) ou soit incité à fournir un effort suffisant (contrainte d'incitation dans un contexte de sélection contraire). La question de l'acquisition d'actifs renvoie à la problématique de l'intégration verticale avec les questions associées : où arrêter l'expansion de la firme ? Press, Edition française : Théorie de l'Organisation Industrielle (1993), Economica, Paris. [11] Holmström et Milgrom (1994), "The Firm as an Incentive System", American Economic Review, 84(4). [8] Pour une présentation détaillée d'une situation de sélection contraire, appliquée au marché des voitures d'occasion, on pourra se reporter à l'article d'Akerlof G. (1970), "The Market for Lemons : Quality, Uncertainty and Market Mechanism", Review of Economic Studies, 54. (2) les coûts d'«obligation», supportés par l'Agent, c'est-à-dire les dépenses qu'il peut être amené à engager pour pouvoir garantir qu'il ne mettra pas en oeuvre certaines actions qui puissent léser le Principal, ou pour pouvoir le dédommager le cas échéant. (2) Contrat avec arbitrage : c'est une relation qui ne peut pas se dérouler sur le marché car elle se déroule sur le long terme, elle est donc soumise à une incertitude forte. Cette relation est une relation d'agence, et certaines procédures peuvent limiter les problèmes de contrôle du comportement des salariés. L'approche contractuelle de la firme a pour objectif de définir la forme d'organisation la plus efficiente compte tenu du contexte, en particulier informationnel. Ronald Coase conteste puis accepte finalement la paternité de ce théorème qu'il est possible de résumer sous la forme de deux thèses : L'asymétrie d'information caractérise donc toute relation entre le Principal et l'Agent. Aujourd'hui, la théorie des contrats se présente comme la nouvelle approche orthodoxe, la théorie de l'agence est la plus influente et celle qui a connu les plus riches développements récents tant théoriques qu'empiriques. Il a, le premier, mis en évidence que le passage par le marché entraînait des coûts. La réponse consiste à comparer les coûts et avantages de l'intégration. Elle place la détention de l'information et son partage entre contractants au coeur de son analyse de la firme. Une relation d'agence a deux caractéristiques principales : c'est une relation de délégation et elle suppose une asymétrie d'information. Magali Chaudey, Université de Saint-Etienne et GATE-CNRS, pour SES-ENS. C'est la possession des actifs qui va permettre d'exercer sur eux un contrôle ex post. 10 0 obj << /Length 11 0 R /Filter /FlateDecode >> stream Le seul risque, et qui est dommage, c’est dans la cour de récréation, qu’il se sent un peu plus « malin », qu’il veuille le dire à ses camarades et que ça se retourne contre lui. Par exemple, l'employeur peut inciter les employés à fournir un effort plus important en liant leur rémunération à leur performance. Williamson pose deux hypothèses relatives aux comportements des agents. Ce conflit naît du fait que les actionnaires cherchent la maximisation des dividendes et le manager la maximisation de son salaire, ces deux objectifs étant irréconciliables. Telle que formulée par Coase, la question présuppose l'existence de marchés sur lesquels interviennent des agents économiques indépendants. 4. Ce qui en ressort, n’est pas une théorie en réponse à la question de départ, mais une introduction à un nouveau concept dans l’analyse économique, le coût des transactions et l’explication de l’existence des firmes. La délégation est associée à une imperfection de l'information qui peut être de deux ordres : le Principal n'a qu'une information limitée sur les caractéristiques de l'Agent (situation dite de sélection contraire [8]) et il observe imparfaitement son comportement (situation dite de risque moral). Dans ce cas, les intérêts des actionnaires et des dirigeants convergent davantage dans la mesure où ces derniers détiennent dorénavant des actions de leur entreprise. Une relation d'agence génère trois types de coûts, appelés coûts d'agence : (1) les dépenses de surveillance et d'incitation (par exemple les systèmes d'intéressement) engagées par le Principal pour orienter le comportement de l'Agent. La théorie des coûts de transaction est une des théories économiques dont on parle le plus dans la littérature. (Articles L225-1 à L225-9) > Article L225-5 La définition du contrat optimal, au sens de contrat incitatif, en présence de sélection contraire ou de risque moral, nécessite de développer des modèles d'optimisation sous contrainte. (3) Contrat bilatéral : il se déroule entre des contractants qui restent autonomes. (1990), "Property Rights and the Nature of the Firm", Journal of Political Economy, 98(6). Cette approche de la firme s'inscrit plus largement dans le cadre de la nouvelle économie industrielle, initiée par J. Tirole dans son ouvrage de 1988 [13] (voir aussi le dossier SES-ENS autour des travaux de J. Tirole). (1986), "The Costs and Benefits of Ownership: A Theory of Vertical and Lateral Integration", Journal of Political Economy, 94(2). Williamson pose aussi des hypothèses sur les caractéristiques des transactions : (3) La spécificité des actifs : un actif est dit spécifique s'il nécessite des investissements spécifiques. L'analyse de Williamson peut être résumée par le schéma suivant : (1) Marché : il correspond à une transaction occasionnelle dont l'objet est parfaitement délimité et où toutes les éventualités sont prévues (pas d'incertitude). Comme le contrat ne peut pas prévoir toutes les alternatives possibles, un agent peut être tenté d'adopter un comportement opportuniste pour favoriser ses intérêts au détriment de ceux des autres. Texte de la question. La relation entre un actionnaire et un manager est une relation d'agence. Sur l'exercice par la commission de contrôle de son pouvoir de faire procéder aux rectifications prévues par les articles L. 38 et L. 39 du code électoral en vue d'assurer la régularité de la liste des électeurs admis à participer à la consultation Avant le 4 octobre 2020, la commission a examiné la situation de 463 personnes. La firme se définit ainsi comme la collection des actifs non humains détenus par les individus constituant la firme (équipements, capital...). A ce titre, si l’on reprend la formule proposée par P. Ricoeur5 dans le titre de son ouvrage consacré à la question de … Elle remet en cause le marché comme mode d'ajustement optimal, en opposant les structures de marché et d'entreprise. La firme est un ensemble de contrats portant sur la manière dont les inputs sont associés pour créer les produits, et sur la manière dont les recettes sont partagées entre propriétaires de ces inputs. - spécificité physique : le transport de certaines marchandises (produits chimiques par exemple) nécessite de recourir à des wagons spécialement conçus. Théorie de la firme et analyses empiriques. Ce que nous dit Coase, donc, ce n’est pas que le marché est supérieur à la firme. (1988), The Theory of Industrial Organization, Cambridge, MA: M.I.T. (2) L'opportunisme des agents : c'est une conséquence de la rationalité limitée. Rationalité limitée et opportunisme augmentent les coûts de transaction, en particulier de conception des contrats et de contrôle. La firme est un «noeud de contrats» entre individus. L'approche contractuelle de la firme (vous êtes ici), 2. [9] Pour la théorie des incitations, toute relation économique est une relation d'agence, y compris lorsqu'elle se déroule en dehors de la firme.